dimanche 5 mars 2017

Réduire les déchets

Ce n'est un secret pour personne, je kiffe vivre au vert.

Vivre à la campagne nous apporte une qualité de vie que j'adore.
Je ne lance pas ici un débat ville contre campagne hein, j'avoue que je suis bien contente d'être à seulement 10 minutes d'une petite ville aussi. Simplement, je suis très heureuse de ce que le choix de vivre dans la Bresse jurassienne nous apporte.

Viande en cycle cours, légumes du jardin et du papy maraîcher du coin, nos poules pour les œufs, bac à compost, on ne jette pas on recycle bref,...
Bienvenue chez les Ingalls!


Nous ne nous revendiquons pas militants écolos, nous ne sommes pas non plus à fond dans le bio, mais je crois qu'il était assez logique que nous en arrivions à cette démarche.


Et si nous réduisions nos déchets?
Et si la poubelle grise ne prenait que rarement le frais?
Et si même la bleue subissait le même sort?
Ben oui mais on fait comment?
On commence par quoi?
Il faut longtemps pour aller loin?

 
Pffff ça nous parait proche de l'insurmontable...

 
Du coup on en parle (tu veux qu'on en parle Bob?)  autour de nous et on trouve des pistes.

"Ha mais ouais mais nous aussi on veut faire, on a vu chez une copine...". Ha? des pistes!

" On fait déjà, va voir les licornes de Franche Comté..." Heu? Mais moi je veux pas d'une corne au milieux du front hein... quoi que péter des paillettes c'est la classe... alors allons voir.
 

Et puis un jour, dans l'émission milles et une vie, débarque la famille presque zéro déchets. Et c'est une phrase qu'ils prononcent qui m'encourage.
 "Il suffit de prendre un produit après l'autre."
Ben ouais. Plutôt que de me triturer le cerveaux en ne sachant pas par quel côté empoigner mon problème, je vais commencer par un produit, puis un autre et on finira bien par trouver des alternatives. C'est là que nous nous sommes rendu compte que sur certains produits tous simples nous sommes vraiment mauvais élèves!

Pour le moment donc, nous nous lançons (parfois timidement) dans le "sans contenant". Nous avons voulu voir un peu comment réagiraient nos commerçants et nous sommes très content de leurs réactions.

FROMAGERIE
"Bonjour, avant de vous demander quoi que ce soit nous aimerions savoir si vous accepteriez de mettre les fromages dans nos boîtes... Le but c'est de ne pas avoir de déchet...
- Mais heuuu, je ne vous mets pas de sac mais je vous mets un papier autour quand même?
- Nan nan, vous me le mettez comme ça en vrac dans mon pot king size...
- Ben, on nous a jamais demandé. On t'a déjà demandé ça machine? Nan. Bon, je ne vois pas en quoi ça pose problème. Allez c'est d'accord!"

Ouffffffffffff première victoire de canard!
 

BOULANGERIE
"Bonjour! Je voudrais savoir, est ce que ça vous poserait problème de ne pas mettre de papier autour du pain ni de sachet pour les vienoiseries?
- Et mettre dans un sac en tissus?
-Oui?
- Ha mais bien sûr! Je suis largement pour! Les anciens ils faisaient bien comme ça!"

Wouhouuuu, j'aurais pas cru!
 

CAMION DE NOTRE BOUCHER CHARCUTIER PREFERE
"Salut L, dis j'aurais une demande que tu vas peut-être trouvé incongrue. Accepterais-tu de mettre ma commande dans les boites, plats, sacs que j'ai apporté?
- C'est à dire? Pas de sachet (nb, les siens sont compostables), pas de papier, pas de film plastique?
- C'est ça.
- Ha ba si tu as amené le nécessaire pas de soucis!
- Cool! C'est par ce qu'on essaye de réduire nos déchets.
- Tu sais si tous le monde fait comme toi, moi ça me va! T'imagines, les achats que je ferais en moins?!"

Trop bien!
 

Que du positif!

Comme quoi l'achat des bouquins de la famille zéro déchet était un bon investissement! Nous nous sentons moins paumés, et ça nous a donné du courage. On se rend compte qu' il faut oser demander. Quitte à passer pour des excentriques parfois, ce n'est pas grave. Mieux, ça peut entraîner la réflexion d'autres.
 
 
Alors pour ceux qui voudrait se lancer, je vous laisse deviner comment nous avons choisit de résoudre le problème des compotes en gourdes des classes de maternelles...
 
 

jeudi 1 décembre 2016

Calendrier de l'avent inversé

Ca y est, nous y sommes... le 1er décembre.

Qui dit premier jour de décembre dit première petite fenêtre du calendrier de l'avent. Hors ce matin précisément, ce fût le drame.
Le drame par ce que notre Crapouyon a cette nouvelle lubie de ne pas manger ce qu'il juge être brillant. Alors ça va des œufs de sa poule, aux clémentines en passant par un morceau bien particulier de saucisse de Morteau. Entendons nous bien, il refuse de manger ce qui brille mais nous interdit aussi de le faire. Il a quand même fallut bien 10 minutes pour sécher ses larmes pour "l'affaire du morceau de Morteau" (qui avait été coupé puis mangé par un tiers). Donc ce matin, Chouchounet a décidé que son calendrier de l'avent était brillant et que par conséquent il n'ouvrirait pas les cases et ne mangerait pas les chocolats. Evidemment interdit de le faire à sa place ou d'en faire don à quelqu'un... Après lui avoir fait remarquer que son lait dans le biberon était brillant, son petit gâteau aussi et après négociation digne du FBI (Note pour moi même: penser à cette possible reconversion) pendant 3 minutes, la case fût quand même ouverte et le chocolat mangé. Suite à cela bien entendu, malgré le fait de s'être levé un quart d'heure plus tôt, nous sommes arrivés en retard à l'école (sinon c'est pas drôle)!


Le petit dernier à maintenant 3 ans et demi (et pas 5 comme il le clame depuis hier midi) et la grande 9 ans. Depuis qu'ils sont petits j'essaye de les sensibiliser à la lutte contre la gaspillage, au partage et au don. Pour eux, il est normal de voir papa préparer des colis à donner aux restos du cœur.Ils m'ont déjà accompagné au don du sang. C'est une évidence de donner une partie des vêtements en bon état mais trop petits aux cousins, cousines et une autre partie à la croix rouge. Ils ont également pris l'habitude, une fois par an, de trier la salle de jeu. Ce qu'ils gardent, ce qu'ils jettent car fichus et irréparables et ce qu'ils vendent aux puces. Après les puces, le rituel est de donner à l'ALCG les invendus et de faire le tour pour se choisir une petite récompense.

Pour le Noël de cette année, le crapaud est assez grand pour comprendre que c'est une période de don et de partage. Hier soir, la pousspouss disait qu'elle aimerait bien voir les personnes à qui va ce que l'on donne. Il y a donc eu explication  de l'importance de rester discrets sur ce genres de choses. Nous lui avons expliqué que l'important c'est de donner, d'aider mais pas d'en tirer une quelconque gloire. Et puis "Mets toi à la place de quelqu'un qui est dans le besoin. Ce n'est déjà pas très drôle de faire la démarche de demander de l'aide, alors carrément donner de la main à la main cela peut être humiliant. ça produit l'inverse de ce que tu recherches donc.".




 
Cette année je n'ai eu vent (d'hiver qui s'en va sifflant soufflant dans les grands sapins verts) de l'idée des petits bonnets que trop tard donc, je verrai l'année prochaine. J'ai aussi une idée de tricot utile que je compte mettre en place en 2017 mais ça, nous en parlerons plus tard pour l'instant seule ma belle sœur est dans la confidence. Toutefois on nous a parlé du calendrier de l'avent inversé (ma belle sœur encore elle!). La grande et moi avons de suite trouvé l'idée géniale.


Le principe est super simple. Tout le monde connaît le calendrier de l'avent ou chaque matin on ouvre la petite fenêtre pour découvrir le chocolat ou la surprise. Et si au lieu de recevoir, nous donnions? Il suffit de:

_ Prendre une boîte, un carton, un panier, bref... ce qu'on veut. (J'ai dans l'idée de faire décorer ma boîte par le plus petit).

_ Chaque jours y glisser un objet. Ce peut être un jouet, un paquet de friandises, une brosse à dents, un joli savon, un livre, un vêtement, un bon d'achat bref... encore une fois... ce qu'on veut.

_ Clore la boîte le 25 décembre et en faire don à un organisme... celui que l'on veut toujours!


Je trouve cette démarche très chouette. La pepettouille aura le privilège de choisir l'organisme et là pour le coup, elle peut en parler à l'école, aux copines et transmettre l'idée. Franchement, ça ne prend pas de temps, pas ou peu d'argent et ça inculque une jolie valeur aux futurs adultes: la nécessité de donner, de partager et de recycler.

Alors?

Vous vous lancez?
 




mardi 15 novembre 2016

Géométrie 21



"-Maman, c'est quoi le dessin par terre là?
- Regardes bien. Qu'est ce que c'est?
- Un bonhomme dans un fauteuil roulant?
- Oui.
- Pourquoi? Ça veut dire quoi?
- Ça veut dire que ces places de parking sont réservées pour les personnes qui ont un handicap, tu sais ce que c'est?
- Nan,...?
- Un handicap c'est quelque chose qui gêne, ou qui embête. Par exemple, maman quant elle ne pouvait plus marcher avait un handicap. La copine de papi qui a un soucis aux jambes et doit souvent être en fauteuil c'est un handicap.
- La mémé aussi alors?
- Oui, c'est un bon exemple, la mémé aussi. Et des fois le handicap ne se voit pas. Il peut être dans le corps, dans la tête. Tu sais on en a déjà parlé, ton cousin M apprendra les mêmes choses que toi il saura faire pareil que toi mais ça lui prendra peut-être un peu plus de temps pour apprendre. Tu sais?
- Oui par ce qu'il a la géométrie!"


J'adore ce gamin!



vendredi 23 septembre 2016

Le tableau de récompenses



Voilà déjà quelque temps que les punitions ne marchent pas.


Pour ce qui est de la poupoune qui a maintenant 9 ans (pré-ado agaçante) même pas la peine de parler du coin. Qui plus est, ça ne colle pas non plus à mes attentes. La priver de copines pendant une durée définie ça marche pour une grosse boulette mais pour les petits efforts quotidiens ce n'est pas du tout approprié. Par exemple, je me suis déjà mise en grève de machine à laver pour l'obliger à mettre son linge salle à la corbeille mais ça a échoué. Avouons aussi que répéter 15 fois par jour la même chose me fatigue, m'énerve et tout ça dans le vent.

Le cas de chouchounet est différent. Maintenant 3 ans et demi, rentrée en maternelle, jamais eu de nounou puisque j'étais en congé parental donc découverte d'une autre forme d'autorité, d'autres règles et de la vie en collectivité. Premier jour d'école il échappe déjà à "la chaise qui calme" de peu. Refus de dessiner un bonhomme, tentative d' effacement de l'aide proposée et usage de faux "nan, papa il a dit pas besoin, on dessine pas de bonhomme"... Comme dit le maître "il et aussi intelligent que sa sœur mais en plus speed. La grande était minutieuse, lui il fait, il montre qu'il a comprit et il faut passer à autre chose". En gros suspicion de précocité comme sa sœur. Par contre pour ce qui est de repousser fortement, de jeter du sable ou de taper... Être punit devant ses copains par le maître ça marche encore pas mal, par conte la chaise qui calme à la maison n'a pas grand effet.


Je devais donc trouver quelque chose qui marche pour mes deux loupiots sans avoir les mêmes attentes pour l'un et l'autre.

Puisque le bâton ne marche pas, essayons la carotte.

J'ai donc investit dans un tableau magnétique, des magnets étoiles (vendu ensemble sur amazon) et des magnets bonhomme vert / jaune /rouge.

Le tableau des récompenses a donc pris place dans la cuisine.




La grande a le système étoiles.
Nous définissons ensemble un objectif et un nombre d'étoiles pour y parvenir. Pour le moment nous avons définit 22 étoiles en échanges de places de concert. Ça la motive pas mal. Par exemple elle lit des histoires à son frère sans que je lui demande, elle mange un peu mieux à table, elle range son linge.

Le petit a le système bonhomme couleur
Très bien bonhomme vert, bof bonhomme jaune, pas bien bonhomme rouge. Il a plus besoin que ça sœur de voir quand ça ne va pas et ce qui ne va pas. et ça lui permet aussi de voir l'évolution des choses. Donc lui choisit une récompenses pour le week-end et s'il a plus de vert que de rouge c'est gagné. Pour le moment c'est efficace. Comportement bon à l'école, et efforts à la maison. Par exemple "t'as vu maman je vais au bain sans ronchonner, j'aurai un bonhomme vert?", ben tu m'étonne pas la peine de te courir après c'est cool. Et c'est instructif pour nous aussi. On se rend compte que les soucis arrivent surtout le jeudi, jour ou il est crevé du fait de cette superbe réforme du temps scolaire...


Bref, j'étais septique mais pour le moment ça marche alors... Et puis ça me permets aussi de moins râler, hurler, m'énerver c'est un aspect intéressant quand même!


mardi 28 juin 2016

Je te demande pardon

Parfois ça peut faire mal d'être maman.
Réellement.
Physiquement et émotionellement.


Ceux qui me connaissent vous le diront, j'ai un seuil de tolérance assez élevé quant aux attaques personnelles et autres vacheries. Il y a pourtant un terrain sur lequel il ne faut pas s'aventurer avec moi: mes enfants. Du moment où on s'en prend à mes minimois je montre les crocs.



Il y a quelque temps j'ai été amenée à me poser pas mal de questions. Aurais-je fais de ma grande un bourreau? Le genre de pestes que je détestais étant petite? Je sais qu'elle a un caractère très fort. Je sais qu'elle fait difficilement des concessions. Je suis très bien placée pour savoir qu'elle n'est pas facile à vivre. Cependant j'ai toujours fais en sorte qu'elle applique certaines valeurs importantes pour moi. Prendre soin des plus vulnérables. Être honnête, intègre. Respecter une parole donnée. Accorder plus d' attention aux qualités qu'aux défauts des autres.



Alors quant on vient l'accuser de tout les maux de la terre... Quant on semble croire que les autres n'ont rien à se reprocher... Quant on vient me dire comment l' élever... Quant leurs oies blanches se sont déjà confiées à moi...

J'ai été tentée de leur cracher au visage qu'avant de faire le ménage chez les autres on balaye devant sa porte. Ça  bouillonnait dans mon corps et je voulais blesser autant qu'on me blessait.


 J'ai serré les dents.

Par amour, par soucis de donner l'exemple, par désir de rester digne de confiance.

J'ai serré les dents

 Peut être que je vieillis? Je ne sais pas.


 Je n'ai pas fait de grand déballage mais je l'ai défendue. Je m'en voulais. D'avoir trop attendu. De ne pas avoir cru à ce qu'elle me racontait. D'avoir pris ça pour des enfantillages et de ne pas avoir compris que même si ça en était, ma fille avait besoin de moi. J'ai culpabilisé de ne pas l'avoir entendu. On me l'a présenté comme un bourreau alors que les semaines précédentes me la présentaient en victime. J'exècre tellement les parents qui défendent mordicus leurs bambins même quant ils ont tord, et j'ai tellement minimisé les choses que je n'ai pas cru ma propre fille. Je me disais, elle en rajoute, elle fait d'un grain de sable une montagne, elle a la larme facile.




Qui n'a pas entendu, après l'annonce d'un suicide, cette remarque débile qui ne sert qu'à culpabiliser les endeuillés: "Mais personne n'a rien vu?". J'ai repensé à Nora Fraisse, à sa Mayon. J'ai ressortit son bouquin de la bibliothèque. C'est si simple et si rapide de passer à côté des signes.


J'ai soupiré de soulagement, consciente de la chance que j'ai.

Ce soir là je me suis promis d'être plus attentive.


Ce soir là j'ai demandé pardon à ma fille.